Les prairies alluviales

Les caractéristiques du milieu et ses fonctionnalités écologiques

Les prairies alluviales sont des milieux herbacés, composés d’espèces dont la hauteur et la production sont élevées. Elles sont caractérisées par des sols généralement profonds, et sont constituées d’alluvions. Les prairies des bords de Loire occupent un peu plus de 40 % de la surface de la vallée alluviale.

Situées au cœur des plaines alluviales de la Loire, ces prairies peuvent être inondées au printemps et en hiver lors des crues. La présence d’eau toute une partie de l’année permet à un cortège floristique et faunistique particulier de s’exprimer.

Comme de très nombreux espaces herbacés, les prairies inondables sont des milieux secondaires issus de défrichements ancestraux et maintenus grâce à des activités de fauche et de pâturage (souvent en gestion mixte dans la vallée).

Ces prairies alluviales se retrouvent bien souvent insérées dans un complexe écologique regroupant des haies, des boisements alluviaux, des lignées d’arbres têtards, des boires, des mares. Le bocage est  particulièrement présent dans la vallée de la Loire.

Certaines prairies sont classées d’intérêt communautaire de la directive « Habitat » de Natura 2000. C’est par exemple le cas de l’habitat « Prairies de fauche de basse altitude» (6510). Cet habitat, souvent dégradé sur le territoire français, est bien présent dans la vallée de la Loire et retrouvé sur 51 annexes de Nantes à Montsoreau.

En plus de la biodiversité qu’elles accueillent, les prairies alluviales jouent également un rôle important lors des inondations. Elles sont des zones d’expansion de crues pour le fleuve. Elles participent à la régulation des écoulements, en restituant progressivement l’eau aux milieux naturels, en période d’étiage.

Comme de nombreuses zones humides, elle jouent également un rôle de filtration et d’épuration des eaux, limitant ainsi  le transfert des polluants.

La Biodiversité des Prairies alluviales

La flore

Principalement dominées par des espèces de graminées, le cortège floristique retrouvé dans ces prairies peut être très diversifié. De nombreuses fabacées sont également présentes dans ces praires. On y retrouve des espèces protégées, patrimoniales ou communes qui sont nombreuses lorsque les pratiques agricoles sont extensives.

Des prairies alluviales diversifiées et colorées.

Cardamine parviflora, Cerastium dubium, Equisetum x moorei, Inula britannica, Lathyrus pannonicus, Scutellaria hastifolia, Trifolium michelianum…. Plusieurs espèces protégées au niveau national ou régional sont retrouvées dans les prairies inondables de la Vallée de la Loire.

Appréciant les milieux humides, ces espèces sont  présentes lorsque les pratiques agricoles sont extensives et les conditions hydrologiques suffisantes.

La Fritillaire pintade, parfois aussi nommée, gogane ou chaudron, est une espèce caractéristique des prairies alluviales de la Vallée de la Loire, et plus particulièrement des prairies inondables de fauche.

La faune

Associées aux autres milieux de la Vallée alluviale, les prairies accueillent de nombreuses espèces ayant besoin de différents habitats naturels pour effectuer leur cycle de vie : insectes, amphibiens, petits mammifères ainsi que de nombreux oiseaux. La présence d’un cortège floristique diversifié attire également de nombreuses espèces.

Papillons, syrphes, hyménoptères : nombreux sont les insectes à apprécier ces milieux fleuris où se développent une diversité floristique intéressante.

Les prairies inondables sont aussi des zones de repos, de reproduction et d’alimentation pour de nombreuses espèces d’oiseaux, tel que le Tarier des prés. Lorsque l’eau envahit les prairies durant l’hiver, ce sont des zones très prisées par les oiseaux hivernants et migrateurs. Inondées, les prairies peuvent aussi servir de zones de frayères pour les brochets.

Un envol de Vanneaux huppes dans une prairie de fauche alluviale
Un envol de Vanneaux huppes dans une prairie de fauche alluviale

Évolution des boisements alluviaux

La prairie est un stade de végétation transitoire maintenu par des pratiques pastorales, c’est-à-dire la fauche et/ou le pâturage. Si ces pratiques s’arrêtent, la prairie humide évolue alors en mégaphorbiaie voire en fourrés de saules si la dynamique est importante.

Les prairies alluviales présentes tout au long de la vallée de la Loire sont en régression, et leur état de conservation a diminué, notamment avec l’intensification des pratiques agricoles. Cependant, des agriculteurs et agricultrices continuent d’exercer leurs activités dans la vallée et maintiennent ainsi ces habitats et les espèces liées.

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